Sécurité & justice
Les prisons françaises n'ont jamais été aussi pleines : des milliers de détenus dorment sur des matelas posés au sol. La Contrôleure générale des lieux de privation de liberté estime qu'il faudrait ouvrir un établissement toutes les six semaines pour suivre la hausse. 3839
Les encadrés « Ce qui plaide pour » et « Ce qui fait débat » résument les arguments des défenseurs et des critiques de chaque mesure : chiffrages d'instituts, avis de juristes, réactions des adversaires. Ils sont rédigés pour les principaux candidats et ne constituent pas un avis.
Gauche & écologistes
Réhabiliter une doctrine du maintien de l'ordre fondée sur la distance et la gradation de la force ; interdiction des LBD et des grenades ; dissolution de la BRAV-M.
Ce qui plaide pour
Ses partisans jugent que la désescalade réduit les blessés lors des manifestations.Ce qui fait débat
La droite et les syndicats de police contestent cette approche après les violences du 17 octobre.Laisser les maires décider d'armer leur police municipale et d'installer des caméras, dans un cadre fixé par la loi ; s'attaquer aux flux financiers du narcotrafic (blanchiment, cryptomonnaies).
Ce qui plaide pour
Laisse aux élus locaux le choix des outils adaptés à leur commune et vise l'argent du trafic.Ce qui fait débat
Ces mesures reprennent des pouvoirs déjà largement ouverts aux maires ; peu de détails sur les moyens nationaux.Police de proximité aux effectifs dédiés, unités spécialisées contre le narcotrafic, sortie du « tout-comparution immédiate ».
Ce qui plaide pour
Des unités spécialisées contre le narcotrafic.Ce qui fait débat
Pas de chiffrage.Nouvelle doctrine du maintien de l'ordre, interdiction des LBD40 et des grenades mutilantes, démantèlement des unités de type BRAV-M, révision de la loi de 2017 sur l'usage des armes.
Ce qui plaide pour
Réduire le nombre de blessés lors des manifestations.Ce qui fait débat
Les syndicats de police estiment que retirer les LBD priverait les forces de l'ordre d'un moyen de défense.Centre
Après les violences du 17 octobre : recourir à l'état d'urgence s'il le faut pour rétablir l'ordre.
Ce qui plaide pour
Rétablir l'ordre rapidement après des violences graves.Ce qui fait débat
L'état d'urgence restreint les libertés publiques ; il est réservé aux situations de péril imminent.Après les violences du 17 octobre : des peines planchers pour les casseurs et les pilleurs, et une commission d'enquête sur l'anticipation et le renseignement.
Ce qui plaide pour
Une réponse pénale ferme et automatique après des violences urbaines.Ce qui fait débat
Les peines planchers créées en 2007 ont été supprimées en 2014, leurs détracteurs estimant leur effet sur la récidive non démontré ; le juge pouvait déjà y déroger.Droite
Peines minimales pour certains crimes et délits graves, rétention de sûreté des personnes jugées dangereuses après leur peine, sécurité renforcée en prison, inscrites dans une charte constitutionnelle.
Ce qui plaide pour
Une réponse pénale plus ferme, inscrite dans la Constitution.Ce qui fait débat
Des peines plus lourdes aggraveraient la surpopulation carcérale (environ 90 000 détenus pour 63 300 places).Au moins 50 % des policiers sur le terrain (37 % aujourd'hui), majorité pénale à 16 ans, retour des peines planchers pour les récidivistes, fin des réductions de peine automatiques, polices municipales armées dans les communes volontaires.
Ce qui plaide pour
Majorité pénale à 16 ans face à la délinquance des mineurs.Ce qui fait débat
Ses détracteurs invoquent la spécificité de la justice des mineurs, protégée par la jurisprudence constitutionnelle.Extrême droite
Présomption d'usage légitime de l'arme pour les forces de l'ordre, police municipale obligatoire dans les communes de plus de 10 000 habitants, loi de programmation pour la sécurité et la justice.
Ce qui plaide pour
Mieux protéger juridiquement les forces de l'ordre.Ce qui fait débat
Une présomption d'usage légitime de l'arme est critiquée par les défenseurs des libertés comme un « permis de tirer ».Sanctionner sévèrement les émeutiers lycéens et faire payer les dégâts à leurs parents.
Souverainistes & divers
10 000 policiers et gendarmes de plus en cinq ans, 40 000 places de prison (dont 20 000 dans d'anciennes casernes), 20 000 surveillants supplémentaires, prisons rattachées au ministère de l'Intérieur.