Dette & impôts
La dette publique atteint un niveau record et le déficit reste très au-dessus de la règle européenne des 3 %. Les candidats se distinguent par la méthode : baisser les dépenses (droite et centre), taxer davantage les plus riches (gauche) ou sortir du cadre européen (souverainistes). 2223
Les encadrés « Ce qui plaide pour » et « Ce qui fait débat » résument les arguments des défenseurs et des critiques de chaque mesure : chiffrages d'instituts, avis de juristes, réactions des adversaires. Ils sont rédigés pour les principaux candidats et ne constituent pas un avis.
Extrême gauche
La dette « est celle de la bourgeoisie » et c'est à elle de la payer. Aucun montant.
Ce qui plaide pour
Fait payer la dette aux plus riches plutôt qu'aux ménages.Ce qui fait débat
Aucun montant ni calendrier.Gauche & écologistes
Budget rectificatif 2027 : 106,4 Md€ de recettes nouvelles (taxe Zucman 15 Md€, droits de succession 20 Md€, niches fiscales 22 Md€, « ISF climatique » 10 Md€, fin de la flat tax 9 Md€) pour 81,7 Md€ de dépenses nouvelles ; 25 Md€ affectés à la baisse du déficit la première année.
Ce qui plaide pour
Un budget chiffré qui fait contribuer les plus aisés et annonce une baisse du déficit de 25 Md€ la première année.Ce qui fait débat
Rendements très discutés : la taxe Zucman rapporterait jusqu'à 20-25 Md€ selon Gabriel Zucman, environ 5 Md€ selon Xavier Jaravel et Philippe Aghion.Soutien à la taxe Zucman : 2 % par an sur le patrimoine des milliardaires.
Ce qui plaide pour
Une taxe soutenue par plusieurs économistes, dont des prix Nobel.Ce qui fait débat
Son rendement est très discuté (de 5 à 25 Md€ selon les estimations), et ses détracteurs invoquent des risques d'exil fiscal.Contribution de 10 % sur les héritages au-delà de 4 M€, plus 10 % au-delà de 13 M€ ; pacte Dutreil ramené de 75 % à 50 % d'exonération ; rendement attendu de 15 Md€ par an.
Ce qui plaide pour
Cible les très gros patrimoines transmis.Ce qui fait débat
Pas de trajectoire de dette ni de déficit publiée.Taxer les « méga-héritages », le 1 % des successions les plus élevées, pour 15 Md€ ; en contrepartie, baisse de la CSG sur les salaires. 99 % des héritages ne seraient pas concernés.
Ce qui plaide pour
L'idée n'est pas d'alourdir la pression fiscale mais de la déplacer vers le 1 % des plus gros héritages.Ce qui fait débat
Seuil et barème ne sont pas publiés.« Règle d'or sociale » : comptes de la Sécurité sociale à l'équilibre sur un cycle de cinq ans ; une fiscalité qui « atteigne réellement » les très grandes fortunes.
Ce qui plaide pour
Cible le déficit de la Sécurité sociale, qui finance des dépenses courantes par l'emprunt.Ce qui fait débat
Les économies ou recettes nécessaires ne sont pas détaillées.Centre
150 Md€ d'économies sur cinq ans, présentés comme une base ; déficit sous 3 % avant 2032 ; jusqu'à 100 000 postes de fonctionnaires en moins par départs volontaires, hors Éducation, Armées, Justice et Intérieur ; gel des prestations sociales sauf les petites retraites au premier budget.
Ce qui plaide pour
Objectif de 3 % de déficit avant 2032, puis 0 % en 2037.Ce qui fait débat
L'essentiel de l'effort porterait sur les dépenses sociales, avec un gel des prestations au premier budget.Remettre les comptes en ordre ; refuse toute remise en cause de la dette, qui mettrait selon lui la France « en interdit bancaire ».
Ce qui plaide pour
Refus de toute remise en cause de la dette, au nom de la crédibilité financière.Ce qui fait débat
Le détail des économies reste à publier.Droite
197 Md€ d'économies cumulées d'ici 2032, dont 96 Md€ sur l'État (environ 400 000 départs en retraite de fonctionnaires non remplacés) et 42 Md€ sur les retraites ; déficit sous 3 % dès 2031 ; 51 Md€ rendus aux ménages et aux entreprises, sans impôt nouveau.
Ce qui plaide pour
Plan le plus détaillé du panel, avec un déficit sous 3 % en 2031.Ce qui fait débat
Ne pas remplacer 400 000 fonctionnaires pèserait sur les services publics ; une partie des économies dépend d'une révision constitutionnelle non acquise.Dépenses publiques ramenées sous 50 % du PIB et « règle d'or » sur les dépenses de fonctionnement. Pas de montant d'économies dans le programme.
Ce qui plaide pour
Ramener la dépense publique sous 50 % du PIB, près de la moyenne de la zone euro.Ce qui fait débat
Ni montant ni calendrier d'économies dans le programme.Priorité aux classes moyennes et baisse des dépenses sociales. Pas de chiffre.
Extrême droite
140 Md€ d'économies d'ici 2032, dont 29 Md€ par an sur l'immigration, 9 Md€ sur la contribution à l'UE et 20,7 Md€ sur l'organisation de l'État ; dette ramenée de 121 % à 112 % du PIB ; règle d'or inscrite dans la Constitution par référendum.
Ce qui plaide pour
Un plan chiffré par poste, présenté avant le débat budgétaire.Ce qui fait débat
Les économies sur l'UE supposent l'accord des 26 autres États, et plusieurs mesures migratoires seraient contraires à la Constitution selon leurs détracteurs.Sa campagne, menée avec Sarah Knafo, défend la suppression de 800 000 postes de fonctionnaires « sans licenciement » et des baisses d'impôts. Le livre de Sarah Knafo chiffre 15 mesures à 130 Md€ d'économies par an, mais Reconquête précise que « ce n'est pas un programme présidentiel ».
Souverainistes & divers
Financement de l'État à taux zéro auprès de la Banque de France ; sortie de l'UE pour récupérer les 15 Md€ de contribution nette ; environ 130 Md€ d'économies sur cinq ans.