Retraites
La réforme de 2023 a repoussé l'âge légal de 62 à 64 ans. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 l'a suspendue : le calendrier est gelé jusqu'à fin 2027, avec une reprise prévue en 2028. La suspension n'est pas une abrogation. Le prochain président devra donc trancher : reprendre la réforme, l'abroger ou en faire une autre. 1112
Les encadrés « Ce qui plaide pour » et « Ce qui fait débat » résument les arguments des défenseurs et des critiques de chaque mesure : chiffrages d'instituts, avis de juristes, réactions des adversaires. Ils sont rédigés pour les principaux candidats et ne constituent pas un avis.
Extrême gauche
Aucune pension sous 2 200 € net. L'éditorial ne fixe ni âge de départ ni durée de cotisation.
Ce qui plaide pour
Garantirait un revenu décent à tous les retraités, y compris aux carrières incomplètes.Ce qui fait débat
Ni financement ni âge de départ. 2 200 € net dépasserait de près de 50 % le SMIC net actuel.Gauche & écologistes
Retraite à 60 ans avec 40 annuités.
Ce qui plaide pour
Ses défenseurs invoquent l'usure au travail et l'idée qu'un départ plus tôt libère des emplois pour les jeunes.Ce qui fait débat
Coût très élevé : environ 35 Md€ par an pour le seul retour à 60 ans selon l'Institut Montaigne, jusqu'à 50 à 120 Md€ selon le président du COR si l'on compte les recettes perdues. LFI chiffre à 9 Md€ la première étape (retour à 62 ans).Abrogation de la retraite à 64 ans et retour à 60 ans ; hausse générale des salaires et des pensions indexée sur l'inflation.
Ce qui plaide pour
Retour à la retraite à 60 ans, réclamé par une partie des syndicats.Ce qui fait débat
Coût très élevé (environ 35 Md€ par an selon l'Institut Montaigne), sans financement détaillé dans le pacte du PCF.Départ anticipé pour les métiers les plus pénibles ; abrogation de la retraite à 64 ans comme « premier pas ».
Ce qui plaide pour
Cible les métiers les plus usants plutôt qu'un âge unique pour tous.Ce qui fait débat
Il faut définir les métiers « pénibles » : quatre critères (charges, postures, vibrations, agents chimiques) ont été retirés du compte pénibilité en 2017. Coût non chiffré.Départ à 60 ans pour les carrières commencées avant 20 ans et les métiers pénibles, 62 ans pour les autres.
Ce qui plaide pour
Tient compte des carrières commencées tôt et des métiers pénibles.Ce qui fait débat
Ni coût ni financement publiés.Abroger la réforme de 2023 et la remplacer par une réforme fondée sur la pénibilité et la durée de cotisation, sans faire de l'âge légal la priorité.
Ce qui plaide pour
Il refuse le retour général à 60 ans et cible les carrières hachées et les métiers pénibles.Ce qui fait débat
Âge cible et financement restent flous. Une simple abrogation de la réforme de 2023 coûterait 8 à 14 Md€ par an.Réformer par la durée de cotisation plutôt que par un nouveau recul de l'âge légal ; rétablir les critères de pénibilité retirés en 2017 (postures, charges lourdes, vibrations, risques chimiques).
Ce qui plaide pour
Jouer sur la durée de cotisation plutôt que sur l'âge pénalise moins ceux qui ont commencé à travailler tôt.Ce qui fait débat
La réforme Touraine porte déjà la durée à 43 ans pour les générations nées à partir de 1973. Pas de chiffrage.Centre
Supprimer l'âge légal : plus on travaille, plus la pension est élevée, avec de vraies décotes et surcotes et une « dose » de capitalisation.
Ce qui plaide pour
Chacun choisirait son âge de départ, avec des pensions ajustées à la durée travaillée.Ce qui fait débat
Sans âge légal, les carrières courtes ou hachées risquent des pensions plus faibles. Pas de chiffrage publié.Revenir d'abord à 64 ans et 43 années de cotisation (la réforme de 2023), puis passer à 65 ans et 45 années « en moins de 10 ans » ; départs anticipés maintenus (carrières longues, handicap) ; un système mixte où la répartition reste le socle, avec un plan d'épargne retraite pour chacun ; gestion confiée aux partenaires sociaux sous une « règle d'or » d'équilibre.
Ce qui plaide pour
Un calendrier clair, justifié par la démographie (moins d'actifs par retraité) ; la répartition reste le socle.Ce qui fait débat
Aller jusqu'à 65 ans et 45 annuités ferait de la France l'un des pays les plus exigeants d'Europe ; le gain financier n'est pas chiffré et le retour aux 64 ans relance un conflit social.Droite
Départ possible dès 63 ans avec une décote de 7 % par an, taux plein à 65 ans même sans toutes les annuités, puis indexé sur l'espérance de vie ; pilier de capitalisation pour les jeunes (25 à 30 % de leur pension). Il en attend 40 Md€ d'économies sur cinq ans.
Ce qui plaide pour
La décote entre 63 et 65 ans laisse à chacun le choix de son départ ; lier l'âge à l'espérance de vie dépolitise les réformes futures.Ce qui fait débat
Il en attend 40 Md€ sur cinq ans, mais le mécanisme d'indexation n'est pas défini et la capitalisation exige une transition coûteuse.Âge légal porté à 65 ans, avec une pension de base pour tous à cet âge ; bascule progressive vers la capitalisation, financée par des cotisations obligatoires, jusqu'à environ 40 % des pensions. Minimum vieillesse porté à 1 000 € par mois.
Ce qui plaide pour
Combine une pension de base pour tous et une épargne obligatoire.Ce qui fait débat
Les 65 ans s'appliqueraient à tous. Basculer 40 % des pensions vers la capitalisation fait payer deux fois une génération : pour les retraités actuels et pour sa propre épargne.Défend une part de retraite par capitalisation.
Extrême droite
Départ à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans, puis montée progressive vers 42 annuités et un âge légal de 62 ans. Le plan budgétaire d'octobre prévoit aussi un « pilier de capitalisation ».