Immigration
L'immigration légale passe par les titres de séjour (études, famille, travail, protection humanitaire). Les étudiants en sont la première catégorie. Plusieurs propositions de la droite et de l'extrême droite, comme la priorité nationale ou la suppression du droit du sol, supposeraient une révision de la Constitution selon des juristes, dont l'ancien président du Conseil constitutionnel. 36375658
Les encadrés « Ce qui plaide pour » et « Ce qui fait débat » résument les arguments des défenseurs et des critiques de chaque mesure : chiffrages d'instituts, avis de juristes, réactions des adversaires. Ils sont rédigés pour les principaux candidats et ne constituent pas un avis.
Gauche & écologistes
Régularisation des travailleurs sans papiers ; droit de vote des résidents étrangers aux élections locales et européennes.
Ce qui plaide pour
Régulariser les travailleurs sans papiers des métiers en tension.Ce qui fait débat
La droite y voit un risque d'« appel d'air ».Régularisation de tous les travailleurs présents sur le territoire ; refus des filières d'immigration de travail voulues par le patronat.
Ce qui plaide pour
Régulariser les travailleurs déjà présents sans ouvrir de nouvelles filières.Ce qui fait débat
Critiquée à gauche comme trop restrictive, à droite comme laxiste.Une convention citoyenne de Français tirés au sort sur l'immigration, dont les propositions seraient débattues et votées au Parlement ; régularisation des travailleurs sans papiers (« ce sera populaire »).
Ce qui plaide pour
Une méthode délibérative et une réponse aux besoins de main-d'œuvre dans certains secteurs.Ce qui fait débat
Ses adversaires voient dans la convention une façon de repousser les décisions, et dans la régularisation un appel d'air.Centre
Quotas annuels d'immigration de travail proposés par les partenaires sociaux et votés par le Parlement ; un permis à points ; refus de « l'immigration zéro ».
Ce qui plaide pour
Un débat démocratique chaque année et une immigration de travail calibrée selon les besoins.Ce qui fait débat
Le dispositif ne dit pas comment il s'articulerait avec l'asile et le regroupement familial.Diviser par deux l'immigration légale, avec moins de 200 000 titres de séjour par an ; moratoire sur le regroupement familial pendant le quinquennat ; maintien de « dizaines de milliers » d'entrées de travail par an.
Ce qui plaide pour
Il assume les besoins de l'économie en main-d'œuvre tout en réduisant fortement les entrées.Ce qui fait débat
Un moratoire sur le regroupement familial se heurte au droit à la vie familiale protégé par la CEDH ; il propose de renégocier son interprétation.Droite
« Charte de l'ordre républicain » à valeur constitutionnelle : plafonds migratoires, assimilation exigée pour la naturalisation, expulsions facilitées des étrangers condamnés ou dangereux. Il chiffre à 10 Md€ les économies sur l'immigration.
Ce qui plaide pour
Il chiffre à 10 Md€ les économies attendues sur l'immigration.Ce qui fait débat
Tout dépend d'une révision constitutionnelle par référendum, au résultat incertain.Titres de séjour divisés par huit, fin de l'automaticité du droit du sol, rétention administrative jusqu'à 24 mois, AME remplacée par une aide d'urgence, primauté constitutionnelle du droit national sur la CJUE et la CEDH, sortie de la CEDH « en dernier recours ».
Ce qui plaide pour
Une politique restrictive assumée, avec primauté du droit national.Ce qui fait débat
Diviser par huit les titres de séjour (environ 384 000 premiers titres en 2025, dont 118 000 étudiants) toucherait fortement universités et entreprises.Extrême droite
Révision constitutionnelle par référendum (article 11) : fin du droit du sol, asile restreint, priorité aux Français inscrite dans la loi, Constitution placée au-dessus du droit européen.
Ce qui plaide pour
Répond à une préoccupation forte d'une partie de l'électorat.Ce qui fait débat
Plusieurs constitutionnalistes jugent l'article 11 inadapté pour réviser la Constitution, et la priorité nationale contraire à l'égalité.« Remigration » : expulsion des étrangers après un an de chômage, même en situation régulière, ainsi que des détenus étrangers, des personnes en situation irrégulière et de celles qui ne vivent que d'aides sociales ; Reconquête réclame un référendum sur l'immigration.
Ce qui plaide pour
Ses partisans estiment que le chômage des étrangers pèse sur les comptes sociaux.Ce qui fait débat
Expulser des étrangers en situation régulière pour ce seul motif soulève de fortes objections juridiques. Rien n'est chiffré.Souverainistes & divers
Sortie de Schengen et 10 000 agents aux frontières ; suppression de l'AME et du RSA, des allocations familiales et des aides au logement pour les étrangers ; naturalisation après au moins dix ans de résidence ; fin du droit du sol par référendum.